Le Chiapas au bord de la guerre civile

Le RAZB s’inquiète de l’évolution de la situation au Chiapas. La récente disparition de deux membres du Conseil de bon gouvernement Patria Nueva, Caracol 10 “Quand fleurit la graine rebelle” imputée à l’organisation paramilitaire Organisation régionale des caféiculteurs d’Ocosingo (ORCAO) fait monter la tension. En témoigne l’éloquent intitulé du dernier communiqué de l’EZLN Le Chiapas au bord de la guerre civile.

Les compas ont finalement été libérés ce 19 septembre après 8 jours de captivité. D’après l’EZLN, le conflit n’est pas devenu tragédie grâce à l’intervention des curés de San Cristóbal de las Casas y de Oxchuc, des organisations de défense des droits humains et des différentes mobilisations au Mexique et, surtout en Europe, dont celle de Vienne en compagnie de dizaines de membres de la délégation.

Depuis plusieurs mois, l’ORCAO mène des actions criminelles contre les bases d’appui de l’EZLN dans la communauté autonome de Moisés-Gandhi. On citera, entre autres, l’enlèvement d’un zapatiste en novembre et de deux défenseurs des droits humains de Fray Bartolomé de Las Casas en avril ; l’incendie et la destruction des hangars de la coopérative Arco Iris ; et un nombre incalculables d’attaques avec des armes à feu.

L’année passée, Frayba, principale organisation de défense des droits humains au Chiapas avertissait déjà que les conditions étaient réunies pour assister à un nouvel Acteal (massacre de 45 villageois d’Acteal perpétré par des paramilitaires soutenus par le gouvernement en 1997).

Pour comprendre la recrudescence d’attaques paramilitaires contre les communautés, il faut remonter au soulèvement zapatiste et à l’émergence d’une contre-insurrection au Chiapas. La réactivation des nébuleuses paramilitaires par l’Etat intensifie la guerre d’usure et déstabilise le processus de construction de l’autonomie. Aujourd’hui, le pouvoir sait parfois se faire discret, instrumentaliser et déléguer la violence, selon un schéma désormais bien identifié.

Les zapatistes ne sont pas dupes. Ils accusent les autorités de collusion avec les narcotrafiquants, de détournement de fonds publics et de lenteur coupable dans la campagne de vaccination augmentant le nombre de décès.

En s’intensifiant, la violence paramilitaire a plongé les zapatistes dans une situation plus complexe et bien plus dangereuse. C’est pourquoi l’EZLN demande à l’Europe d’en bas et à gauche et la Sexta nationale et internationale de se rassembler pour exiger la fin des provocations et à manifester devant les ambassades et consulats du Mexique et les bâtiments du gouvernement de l’état du Chiapas.

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Nous préparons une action à Bruxelles .Stay tuned.

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